Idée reçue n°8 : les gros vers blancs du compost sont des larves de hanneton…

cetoineQui n’a pas lu ou entendu dire au moins une fois que les gros vers blancs qu’on trouve dans un tas de compost sont nuisibles car ce sont des larves de hanneton qui risquent d’attaquer les racines des plantes de nos jardins ?

Et bien ne mettons pas tous les vers (ou plutôt les larves) dans le même composteur (ou plutôt dans le même panier). 

 

Notre ami Gaulthier Duprez, Apprenti Maitre Composteur, nous éclaire sur la question…

Un ver ou une larve ?

Cétoine dorée - insecte adulte

Cétoine dorée – insecte adulte

Alors qu’un ver restera un ver toute sa vie, la larve n’est qu’une étape dans la vie d’un insecte. Et notre gros ver blanc est en fait… une larve ! 

Plusieurs larves de coléoptères sont présentes dans les débris végétaux et dans certains composts, en particulier celles de la cétoine dorée. Cet insecte ressemble à un hanneton, mais il est de couleur vert métallisé. 

Les cétoines femelles pondent les œufs dans les tas de matières organiques en décomposition : feuilles mortes amoncelées, bois pourri, tas de compost, paillis de feuilles et de bois broyé, et même dans le terreau des jardinières. Les larves issues des œufs vivent au minimum un an sous cette forme et se nourrissent uniquement de la matière organique morte en décomposition (et donc pas des racines des plantes !!!). Leurs déjections fines contribuent à affiner le compost.

 

cocon de larve de cétoine en boulette fécale

En fin de vie larvaire, en automne, elles s’enferment dans un cocon fait de boulettes fécales sèches pour y passer l’hiver… au chaud et se métamorphoser en insectes qui émergent fin mai – courant juin.

 

 

Les cétoines dorées font partie des insectes pollinisateurs. Elles se nourrissent du nectar des fleurs et apprécient également le pollen. Et comme leur corps est couvert de petits poils, elles transportent avec elles le pollen des fleurs visitées et facilitent ainsi la pollinisation. Elles contribuent donc à la reproduction des espèces, ainsi qu’à la fructification des plantes cultivées (arbres fruitiers, légumes, etc.) dans nos jardins et aux alentours.

Comment différencier hanneton et cétoine ?

S’il n’est pas évident de distinguer les larves de cétoine de celles de hanneton, on peut y voir quelques différences :

  • Les larves de cétoine sont blanc grisâtre, tandis que celles du hanneton sont blanc jaunâtre
  • Les larves de cétoine ont de courtes pattes (plus courtes que la largeur du corps), alors que les pattes des larves de hanneton sont plus longues (plus longues que la largeur du corps)
  • L’extrémité de l’abdomen des larves de cétoine apparaît comme enflée, alors que celle du hanneton est plus fine
  • La tête de la larve de cétoine est petite, celle du hanneton est plus grosse

Une autre façon de les différencier, c’est l’endroit où on les a trouvées : les larves de hannetons vivent sous la terre, là où les adultes on pondu leurs oeufs, au plus près des racines des plantes dont se nourrissent les larves. On les trouve en griffant ou en retournant le sol. A contrario, les larves de cétoine vivent dans la matière organique (feuilles mortes, bois mort, compost…) puisque c’est leur casse-croûte ! 

En conclusion, si vous en trouvez dans votre compost mûr ou dans les paillis, ne les écrabouillez pas ! Déposez-les dans le composteur ou sous les feuilles pour qu’elles finissent leur cycle !

Gaulthier Duprez


Gaulthier Duprez est animateur territoire ZDZG – biodéchets pour la communauté urbaine du Grand Reims, et Apprenti Maitre Composteur formé par OrgaNeo – Eisenia – Ecole du Compost.

34 commentaires

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  • J’ai commencé un lombricompost sur mon balcon cet hiver. Je me demandait ce qu’étaient ses larves. Maintenant que je sais, je vais les laisser en place et continuer à les nourrir. Mais si je pars en vacances ? Combien de temps peuvent elles rester sans trop de nourriture fraîche ?

    Pascale Isnard Répondre
    • Bonjour Pascale,
      Merci pour votre témoignage.
      On peut laisser un lombricomposteur sans alimentation pendant 4 à 6 semaines à condition de l’avoir alimenté un peu plus de d’habitude (+20%) juste avant de partir sans oublier le carton, et de le mettre au frais (cave, salle de bain, cellier, ou au pire sur le balcon bien à l’ombre et recouvert avec une serpillère mouillée). Garder impérativement un étage (plateau) de lombricompost mûr pour que les vers puissent s’y réfugier si besoin.
      Au retour de vacances, contrôler que tout va bien et que les vers sont toujours là, récolter le lombricompost mûr et recommencer à alimenter normalement…
      Alan

      Alan Le Jéloux Répondre
  • Mon compost grouille de larves et je ne vois pas de cétoines dorés

    Marie-Claude Répondre
  • Bonjour,

    Merci pour votre article. Je viens d’acheter une maison et les gouttières débordaient. Feuilles mortes aiguilles de cedre avait forme une sorte de composte où poussait du lierre. En vidant j’ai trouvé ses larves et grâce à vous je sais ne pas avoir à m’en débarrasser. Par contre j’ai laissé en t’as je que j’ai enlevé de ma gouttière est-ce que cela suffira pour ces petites bêtes? Car perso je ne suis pas jardinier et je n’ai pas de composteur.

    Erasteus Répondre
    • Bonjour
      C’est parfait, et encore mieux si vous rajoutez des branchages et feuilles mortes par dessus pour bien les protéger des prédateurs.
      Bien cordialement,
      Alan

      Alan Le Jéloux Répondre
      • Merci pour ces conseils. Avec le terrain que j’ai et l’automne qui est la j’ai 2 hêtres qui m’innonde de feuilles mortes donc les petites bêtes n’ont pas de soucis à se faire. Encore merci à vous

        Erasteus Répondre
        • Désolé pour les points d’interrogation c’était des emoticônes à l’origine lol

          Erasteus Répondre
  • Bonjour je viens de vider les bacs des géraniums dont la terre était très sèche et j’ai trouvé de gros vers blancs bien utile que je vais mettre dans le tas de compost.
    Bonne journée

    Laurent Répondre
  • Peux-t-on composter les peaux d.agrumes ? Merci

    Laurent Répondre
  • Bonjour, les larves trouvées dans un gros tas de compost font au moins 7 cm , hors la cétoine et le hanneton sont plus petits; vous pensez vraiment que ça peut être ces insectes?

    delem Répondre
    • Bonjour Pascale
      Les larves de coléoptère sont plus ou moins grandes selon leur type, leur âge et la nourriture à disposition. Sachez aussi que la larve est souvent bien plus grosse que l’insecte lui-même. Donc pas d’inquiétude !
      Bon compost !

      Alan Le Jéloux Répondre
  • Je viens de me servir en compost de 1 an et j’ai trouvé une coque vide de la taille d’une grosse noisette et une autre qui s’est brisée quand je me suis servie. A l’intérieur une larve inerte. La coque ne contenait plus rien que la bestiole. Je l’ai remise d’instinct dans le compost frais avant de venir faire une recherche pour savoir ce dont il s’agissait. Croyez vous que la larve va continuer à évoluer alors que je l’ai extraite de sa coque ? Au jardin on en apprend vraiment tous les jours… Merci de m’y avoir aidée aujourd’hui.

    THOMAS Répondre
  • (suite) En fit je crois que c’était vraiment un noisette et que la larve était une larve de balanin, qu’en pensez-vous ? J’ai essayé de retrouvé la larve mais disparue… J’attends votre réponse pour mieux chercher. Si c’est ce que je crois, mes hérissons auront un cadeau ce soir !

    THOMAS Répondre
    • Bonjour Thomas
      Avez-vous une photo pour nous aider à vous répondre ?
      Alan

      Alan Le Jéloux Répondre
  • Bonjour Gaulthier, en cherchant à différencier les deux espèces de larves je tombe sur votre site. Effectivement vue la description très précise que vous faites, il n’y a pas de doute: ce que j’ai trouvé dans mon tas de fumier de cheval est bien une larve de cétoine. Il y en a des centaines! Par contre, ce que me pose problème est que cet été j’ai surpris une cétoine doré, d’un beau vert métallique, en train de grignoter mes poivrons. Elle m’avez déjà persé deux… Alors que je n’ai que trois plants. Aussi d’autres cétoines adorent se blottir dans mes roses et les grignoter aussi. Voyez-vous, je suis partagée dans la solution à prendre… J’aimerais bien être convaincue de les laisser dans mon compost mais le prix à payer me paraît cher vue la quantité de larves trouvées. Alors, mettez-vous à ma place et dites-moi s’il vous plaît, ce que vous feriez si c’étaient vos poivrons et vos roses bienaimées qu’elles grignotent. Merci de votre réponse. Cordialement, Maria-Paz Body

    Body Maria-Paz Répondre
    • Bonjour Maria,
      Les cétoines sont des insectes butineurs qui peuvent parfois endommager les plantes, notamment lorsqu’ils sont trop nombreux.
      Vous pouvez essayer de les détourner de vos plantes en déposant à proximité des coupelles avec des fruits écrasés pour les attirer et leur remplir l’estomac.
      Bien cordialement,
      Alan

      Alan Le Jéloux Répondre
  • Merci pour cette culture qui consiste à ne pas systématiquement considérer que les êtres vivants inconnus sont nuisibles…

    Thierry Répondre
  • Bonjour,
    En vidant le terreau de mes balconnières de géraniums, j’en ai trouvé beaucoup.
    On me dit que c’est un signe de très mauvais terreau à la mise en sac : terreau non désinfecté ( bio )
    Est-ce qu’il est normal d’acheter des sacs de terreau comme ça ?

    Cath Répondre
    • Bonjour
      Il peut s’agir de larves de n’importe quel coléoptère qui était au stade d’oeuf au moment de la mise en sac du terreau.
      Les larves ont ensuite évolué dans vos jardinières. Si vos géraniums se portaient bien, c’est que ces larves ne s’intéressaient pas aux plantes mais aux matières en décomposition dans le terreau. Déposez-les dans un composteur, un tas de feuilles mortes ou de branchages près de chez vous, elles continueront leur cycle.

      Il n’y a pas de bon ou mauvais terreau. Le fait de « désinfecter » un substrat le rend stérile : cela supprime tout organisme vivant, bon ou mauvais. Le fait que les terreaux soient désinfectés et en grande partie constitués de matières plutôt stériles (tourbes, écorces…) fait que la plupart d’entre eux sont souvent enrichis en engrais minéraux pour les rendre… fertiles !
      On supprime la fertilité naturelle (les organismes vivants) pour la remplacer par de la fertilité artificielle (les engrais) !

      Alan Le Jéloux Répondre
  • Bonjour,
    Mon compost est littéralement envahi de larves de cetoines..cette prolifération m’inquiète, puis je utiliser ce compost dans lequel il y a moins de terre que de larves.
    Merci de vos conseils

    Besset Répondre
    • Bonjour
      Vous pouvez bien sûr utiliser le compost sans risques : une fois étalé au sol, le compost s’incorporera dans le sol et les larves feront le bonheur des oiseaux. Aucun risque pour vos plantes puisqu’elles sont vivantes et n’intéressent absolument pas les « décomposeurs » que sont les larves qui apprécient uniquement les matières mortes.
      Si vous voulez en « sauver » quelques unes, pensez à pailler vos sols avec des feuilles mortes, copeaux de bois… qui leur serviront d’abri et de source de nourriture.
      Alan

      Alan Le Jéloux Répondre
      • Bonsoir
        Je viens d’en trouver une dizaine dans mon mètre carré qui me sert de potager sur le balcon. Je vous l’accorde en même temps d’expérience car je dépose régulièrement des épluchures compost de surface. Cest incroyable le nombre d’êtres vivants que ça peut contenir.. 😲 je ne pensais pas trouver autant de vivant dans un si petit espace. Je dépose aussi du bois en décomposition avec les feuilles mortes.

        Tom Répondre
  • Bonjour,
    Je produis chaque année environ 500 litres de compost essentiellement grâce aux larves de cétoines. Ce compost a t-il les mêmes qualités que celui produit en vermiculture, est-il aussi riche ? Je suis impressionné par les qualités que l’on prête au vermicompost et je me demande s’il serait utile et bénéfique de me lancer dans ce procédé?

    André Répondre
    • Bonjour André,
      Je corrige légèrement votre propos : vous produisez du compost en partie grâce aux larves de cétoines (ou d’autres coléoptères), mais surtout grâce aux bactéries et aux champignons microscopiques qui font 80% du travail (mais que nous ne voyons pas). Aucune étude sérieuse et suffisamment poussée ne vient prouver que le vermicompost (ou lombricompost) aurait des propriétés plus intéressantes que le compost. Je vous conseille donc de ne pas vous compliquer la vie et de continuer à produire votre compost comme vous le faites déjà.

      Alan Le Jéloux Répondre
  • ne détruisez pas les larves de hanneton ils sont en voie de disparitin

    nolly Répondre
  • Merci pour cette très bonne information bien documentée.
    J’arrête de donner les cetoines aux poules des aujourd’hui 👍

    Rebu38 Répondre
  • Oups…. j’en ai écrasé cinq aujourd’hui… je ne savais pas…
    Je ferai attention la prochaine fois 😢

    Nina Répondre
  • Bonjour à tous,
    J’ai une question quelque peu étrange me direz-vous : savez vous si ces larves sont comestibles ?
    Cordialement, Fabrice.

    Fabrice Montigny Répondre
    • Bonjour Fabrice,
      Comme beaucoup de larves d’insectes, certainement ! Les larves sont souvent un concentré de protéines. Reste à passer le cap psychologique ;o)
      Alan

      Alan Le Jéloux Répondre
  • Bonsoir. Je suis assez perplexe parce que je pense que je commence à bien reconnaître les larves de cétoine et pour autant, fonction de vos remarques, un doute se mêle à mes certitudes : j’ai griffé voire carrément retourné un carré potager où il y avait des topinambours à une certaine époque et j’ai découvert beaucoup de larves blanches, avec des petites pattes. Ces larves étaient vraiment petites. Vous dites que seules les larves de hanneton vivent en profondeur dans la terre mais elles ne correspondaient en rien, a priori, à leurs caractéristiques…

    Céline Répondre
    • Bonjour Céline
      De nombreux insectes peuvent pondre leurs oeufs dans le sol, donc ce ne sont pas forcément des larves de cétoines ni de hanneton que vous avez trouvées. Les larves passent en général plusieurs mois (voire années) dans le sol avant de passer au stade suivant. Certaines larves se nourrissent de débris végétaux du sol, d’autres chassent des proies, d’autres encore se font nourrir et dorloter par des colonies de fourmis…
      Dites-vous qu’elles participent de la biodiversité de votre potager !
      Alan

      Alan Le Jéloux Répondre
  • et comment se debarrasser de ces larves de hannetons qui « bouffent » » les p.d.t., les rendant tres peu tentantes, l les salades aussi, je n’en plante plus ! merci

    Annie le du Répondre
    • Bonjour Annie
      Hanneton, taupin, doryphore, noctuelle, nématode ?
      Les ravageurs des pommes de terre sont nombreux ! Il faut d’abord identifier le(s) coupable(s) pour appliquer le bon traitement.
      Et surtout, n’oubliez pas la rotation des cultures tous les ans pour que les larves et parasites restés dans le sol aient moins accès à leur repas favori.
      Alan

      Alan Le Jéloux Répondre

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